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20.02.2006
La ligne verte.
Des couloirs, des couloirs et encore des couloirs. Voila en peu de mots comment se résume mon dernier voyage dans la capitale. Le TGV, tout d’abord, couloir tanguant, dont le moelleux des sièges de première ne fait pas oublier l’étroitesse de la place pour les jambes ou les flatulences du commercial d’en face qui n’arrive pas à digérer sa choucroute. Puis les boyaux du métro, tortueux et « claustrophobiques », sans interruption entre la gare et la rame. Comme si le fait de ne pas voir la couleur du ciel entre le train et le métro permettait de gagner du temps.
Couloirs au boulot ensuite. Le bâtiment où est installé la banque pour laquelle je travaille n’est qu’une succession de couloirs de 50 mètres de long, uniformément gris, hygiéniques et beaux comme un calendrier des PTT, mais en moins gai…
Couloirs de l’hôtel pour finir : 72 pas pour arriver de l’ascenseur à la porte de ma chambre. Ma chambre, enfin ! Petite boîte avec tout le confort que l’on est en droit d’attendre d’une grande chaîne hôtelière : acajou massif et poignée en laiton dorées à l’or fin… C’est vrai, qu’au moins, quand on est bourré, ce n’est pas compliqué, c’est toujours tout droit !
Mes séjours à la capitale ne seraient ils qu’une métaphore de la vie ? Une succession de couloirs dont on ouvre parfois quelques portes pour, au final, se retrouver dans une petite boite…
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11.02.2006
Athée souhaits.
…Non, en fait, je suis incapable de fermer ma grande gueule plus de quelques heures, surtout sur un sujet qui me turlupine (non, non, ce coup ci, c’était vraiment trop facile…). Cette histoire de caricatures m’interpelle car elle est potentiellement explosive. Comment quelques dessins ratés dans un journal d’un petit pays dont la caractéristique touristique majeure est d’avoir dit non à l’euro, ont pu provoquer un tel foutoir international ?
Que ces publications donnent de l’urticaire à quelques intégristes enturbannés, ou les ramollis de la tronche qui n’ont pas une once d’humour et de recul, je trouve cela plutôt jouissif. Je rigole même franchement quand je vois le Conseil du Culte Musulman mettre une semaine à prendre position.
En revanche, je suis assez mitigé sur les conséquences géopolitiques. D’un côté j’abhorre la façon dont l’occident stigmatise depuis des années l’islam en en donnant une vision radicale et surtout en l’assimilant au terrorisme, mais de l’autre côté, je ne suis pas dupe non plus des manipulations orchestrées par les gouvernements « shadockiens » de certains pays du Moyen Orient.
Pour quelles raisons ? Cela reste un mystère pour moi. La théorie selon laquelle l’Iran essaye de détourner notre attention de ses projets psychotiques et atomiques ne me convainc pas. Je trouve que ça ressemble plus à un passage en revue des troupes. On montre les crocs, on roule des mécaniques et on compare la taille de son zizi. C’est de bonne guerre…
D’ailleurs, cela fait un bout de temps que l’on n’a pas eu une guerre de religion. Et il faut se rendre à l’évidence : les raisons de se payer une bonne baston sont de plus en plus rares. Plus de guerre froide, plus de pétrole, plus rien qui permette de se faire du blé honnêtement. Même Jean Claude Van Damme s’emmerde. Ca ne peut plus durer, il faut faire quelque chose !
Nos dirigeants, dans leur délire « nord-coréanesque », doivent fantasmer sur la beauté mégalomaniaque d’un tel match, digne de nos plus belles croisades : les musulmans paraissent plus motivés (ils ont une capacité surprenante à produire des intégristes en ce moment) mais les chrétiens (qui ne sont pas des manchots dans ce domaine non plus) sont presque deux fois plus nombreux sur la planète…Allez, un petit effort, pour relancer l’économie et donner matière à bloguer !
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10.02.2006
Mon 49-3 à moi.
Il y a quelques jours, je me suis dis « chouette, avec cette actualité chargée, je vais pouvoir m’en donner à coeur joie ». Ce n’est, en effet, pas les sujets à se mettre sous la dent qui manquent. Une liste Pèle mêle et non exhaustive : le CNE/CPE, les caricatures de Mahomet et la flambée de violence qui a suivi, les élections palestiniennes, le retour de la directive Bolkenstein, la commission d’enquête sur le procès d’Outreau…Avoues qu’avec tout ça, il y a de quoi se marrer un bon coup. Mais cette fois, c’est plutôt l’écœurement qui m’envahit.
La réponse la plus saine qui m’est apparue, comme une illumination après un abus de thaïlandaise, c’est de traiter toute cette merde par le mépris. Je vous emmerde, et même plus, je vous ignore, vous tous, qui ne savez que vous mettre sur la tronche, mentir et remettre en causes les pauvres avancées sociales acquise de si dure lutte ; bande de pétochards ignares et imbus de vous-même !!!
Voilà une réaction parfaitement stérile et enfantine, me diras tu. Oui, et si tu n’es pas content…Parce que ça fait du bien de lâcher la bride de temps en temps. C’est vrai, c’est fatigant à la fin de donner son avis. Il faut se justifier, trouver des arguments, affûter sa mauvaise foi…Aujourd’hui, je fais la gueule, et je me mets en grève !
21:11 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.02.2006
Il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages.
Pour changer j’ai écris un texte structuré et construit comme on m’a appris à l école…
Enoncé du sujet : que pensez vous de cette phrase de Tchouang Tseu : Les pattes du canard sont courtes, il est vrai ; mais les allonger ne lui apporterait rien. »
En pleine épidémie de grippe aviaire, le cas du canard est brûlant d’actualité. Force est de reconnaître qu’une question s’impose d’elle-même : le canard échapperait il à l’épidémie avec de plus grandes pattes ? Mais nous nous éloignons du sujet. Car de quoi s’agit il ? Fondamentalement de la conformité ou non-conformité à un modèle social. Nous évoquerons donc dans une première partie l’évolution, à travers le darwinisme, ainsi que l’acceptation des différences malgré la pression sociale. En écho à cette réflexion, nous verrons que l’esprit du canard n’est pas si éloigné des problématiques humaines et que de longues jambes peuvent avoir des avantages.
Tout d’abord, il me semble important de rappeler que le canard est un oiseau (parce qu’il ne mange pas de salamis), mais que contrairement à l’autruche et à Roselyne Bachelot, ce mammifère à plumes ne court pas. L’évolution au cours des millénaires a donc bien fait son travail, puisque le canard a des pattes trop courtes et surtout mal articulées pour le marathon. En plus, les pattes palmées, ce n’est vraiment pas pratique pour courir. Je le sais, j’ai essayé à la plage l’été dernier et j’ai mangé plein de sable…
Il ne faut pas perdre de vue non plus que rien n’arrive par hasard. Si ce canard à des pattes courtes, c’est qu’il a une idée derrière la tête ; on n’a jamais vu un aveugle dans un camp de nudistes…Il ne faut surtout pas sous-estimer l’esprit mal tourné de Donald.
De toute manière, si ce palmipède a un problème avec la longueur de ses membres, il n’a qu’a suivre une thérapie. Il faut qu’il apprenne à s’accepter tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. D’ailleurs la grue n’a-t-elle pas de grandes pattes ? Et pourtant, elle n’est pas plus avancée, elle aussi elle a ses problèmes !
Il est vrai cependant, que la pression sociale peut être forte. Car malgré tous les efforts qu’il fera pour ressembler aux siens, il sera toujours le vilain petit canard. De plus, si vient la mode des longues pattes ou même des pattes d’eph’ il n’aura plus le choix, il devra faire comme les autres. Vous ne le savez pas encore, mais dans dix ans, les canards porteront des Nike et irons chanter à la Star ac’.
Il semblerait bien que le parti « courts sur pattes » ait pris un net avantage dans le développement de cette réflexion. Mais les adversaires ont des arguments qu’il convient d’étudier.
En premier lieu, étudions le coté pragmatique de la situation. De longues pattes sont un avantage certain dans le monde sauvage. Des gambettes du triple ou du quadruple de la longueur habituellement rencontrée sous nos latitudes lui permettrait d’avoir pied plus longtemps et ainsi de bénéficier d’une mise à l’eau beaucoup plus confortable.
Autre argument, non négligeable, si ses pattes sont suffisamment longues, il a une chance réelle de rentrer dans le Guinness book des records. C’est ses potes qui en tireraient une tronche ! Enfin, last but not least, l’argument qui tue : avec des échasses à la Adriana Karembeu, les canards verraient de plus loin ces connards de chasseurs (pléonasme) ! Là je crois que c’est victoire par K.O…
En conclusion, l’on peut donc dire avec certitude que Tchouang Tseu n’a rien compris et ne s’est pas mis dans la peau du canard afin de déceler toutes les subtilités de la condition canardesque. Cependant, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. De toute manière, il a les deux pattes de la même longueur, surtout la droite et que s’il se faisait greffer une moumoute, ça ferait un ornithorynque. Mais je ne peux pas décemment conclure cette intense réflexion sans tenter d’élargir le débat. Car à mon avis, la véritable question que l’on devrait se poser est la suivante : les castors se font ils vraiment tailler des pipes par les canards ?
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