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23.05.2006
Marin d'eau douce.
A force de boire la tasse, ça devait arriver un jour ou l’autre. Me voici propulsé vieux loup de mer de l’informatique. On me refourgue un petit mousse (de la pie qui chante) aux canines aiguisées, mais qui n’y connaît rien à la marine marchande, avec pour mission de l’encadrer dans le monde fantasmagorique et glauquissime de la banque. A moi de lui faire éviter les écueils sur lesquels ces vieux crabes voudraient le voir échouer. C’est que je commence à la connaître la faune locale ! Ces requins des grandes profondeurs financières ont vite fait de vous faire prendre des poissons lune pour des lanternes et de vous envoyer par le fond en vous attaquant sous la ligne de flottaison. Mais il faut éviter de se laisser attirer par le chant des sirènes, et garder son cap contre vents et marées.
Levé à l’arrache à six heures, je me souviens, un mârdi. J’ai troqué mon vieux ciré jaune contre une paire de santiags, tellement plus seyantes pour arpenter les couloirs. J’ai évité de vomir mon 4 heures et mon minuit aussi…Et vogue la galère ! Une demi heure de tram. Deux heures de trajet dans le TGV à regarder depuis mon fauteuil de première classe (avant on disait sur le pont supérieur) la verdure défiler à 250 Km/h tout en sirotant un café (pas moyen d’avoir une goulée de rhum dans cette trière…). Il y a un peu de tangage, mais la mer est belle et dégagée. Encore près d’une heure dans le ventre de ce serpent de mer de métro avant d’arriver à bon port. Il était temps, je commençais à avoir le mal de mer et envie d’une clope.
Rapide inspection de la recrue. La dentition est bonne, pas de scorbut ni de maladies vénériennes. Onze heures, enfin la réunion tant attendue. En tête à tête avec le capitaine et l’armateur. Une heure haletante à essayer de s’y retrouver dans les circonvolutions malsaines auxquelles ont aboutis les cerveaux dérangés de banquiers vicieux. Midi ouf ! C’est l’heure d’aller, enfin, casser la croûte. Deux heures à picoler, rigoler et bâfrer aux frais de la princesse en évoquant le bon vieux temps de la voile et de la vapeur (et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dis). Tonnerre de Brest ! Déjà l’heure de retourner au bureau pour faire mon quart. Une heure à tergiverser (fluctuat nec mergitur) avant de se décider à embarquer pour rentrer au port d’attache.
Bilan de la journée : 190 euros de train, 4 euros de petit déjeuner des champions, 18 euros de déjeuner, 6 heures de croisière (tram + train + métro), tout cela pour une minuscule heure de réunion, que rien ne nous empêchait de faire par visioconférence, ou par téléphone, ou même par goéland voyageur. Des fois, la vie de marin est vraiment rude... Mais que diable allais-je faire dans cette galère ?! Quand je pense que nos ministres font la même chose, sauf que c’est au frais de l’Etat… Un vrai scandale de claquer ainsi l’argent du contribuable ! Moi, au moins, je peux me permettre d’avoir bonne conscience, c’est de l’argent qui provient directement des cales du grand négrier capital !
Allez, la prochaine fois je vous raconte comment je n’ai pas obtenu d’augmentation cette année parce que le budget était vraiment trop serré…Engagez vous qu’ils disaient, vous verrez du pays !
19:42 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
19.05.2006
337.63
Tentative de calcul d’un indice de la connerie humaine.
N’ayant pas la bosse des maths, les calculs seront assez désinvoltes, et c’est un doux euphémisme.
La règle est simple, comme souvent les grandes idées, pour le calcul de l’indice : I = Niveau intellectuel / niveau de connerie
Il faut ajouter une pondération en fonction du degré de connerie. Ne pas oublier le bonus (optionnel) qui peut vraiment faire du bien certains jours.
I = Nc / ( Tc * Pn (+ bonus))
Nc = culture + QI. Si 100 représente le maximum de culture pouvant être atteint (oui, je sais, mais on est là pour déconner, non ?), on peut admettre que la moyenne mondiale se situe grosso modo, si on reste optimiste, autour de 25. Le QI moyen tournant autour de 110, on a donc Nc = 110 + 25 = 135
Tc = taux de connerie : le plus difficile à calculer car très variable selon les individus, les époques, le pays ou l’on habite et la météo. On peut quand même constater qu’il reste à peu près constant depuis le début de l’humanité avec quelques pics par ci par là. Admettons, pour simplifier, et de façon complètement arbitraire, qu’il s’agit d’une constante égale à racine carrée de 0.159874.
Reste la pondération : elle ne peut pas être inférieure à 1 (à moins d'être très très intelligent et très très cultivé). A ajouter avec parcimonie si l’on veut garder un minimum de crédibilité. Par exemple 0,5 point pour quelqu’un qui regarde Bataille & Fontaine et 10 points pour un facho me paraissent raisonnables et équitables.
Le bonus sert à plomber quelqu’un en particulier sur lequel vous voulez vous venger. Votre patron par exemple.
Alors pour être sûr que vous avez bien compris, on va prendre un exemple simple. Prenons un individu moyen qui n’a pas d’activité susceptible de me déplaire et contre lequel je n’ai pas envie de me défouler. On aura :
135/0,39984246 = 337,63
Ce qui vous donne une base de départ pour comparer avec d’autres personnes.
Je vous laisse le soin de compiler et d’interpréter les statistiques que vous pourrez utiliser grâce à cet outil fiable et performant. Sans vouloir vous influencer, il serait intéressant de faire une étude sur plusieurs décennies pour confirmer que la connerie se porte de mieux en mieux.
Bien à vous.
20:05 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18.05.2006
Cannes is a beach...
Le grand cirque est de retour. Comme tous les ans, la jet set nous refait son cinoche. Et c’est un mauvais film de série Z (et encore, je suis sympa et puis de toute façon il n’y a pas assez de lettres dans cet alphabet). Non mais vous avez vu la bobine des acteurs ? On les dirait tout droit sortis d’une partouze de Bobo avec leurs queues de pie et leurs robes dont la moindre bretelle me coûterait 2 ans de salaire…
Et ils se pavanent sur leur escalier en béton, comme s’ils étaient touchés par la grâce divine. Il ont l’air de ne pas en revenir eux même : « putain, j’y crois pas, ch’uis une star ! ». Ils me font penser aux pingouins d’Océanopolis qui m’avaient fait tant pitié sur leur décor de banquise.
Mais il faudrait qu’ils redescendent sur terre. Est-ce qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils ne sont que les pions d’une industrie planétaire dont le seul but est de faire du fric, ou est ce qu’ils sont aussi stupides qu’ils en ont l’air ? Tous ces couillons qui pensent (et sincèrement en plus) être des modèles pour la jeunesse : pognon, froufrous, paillettes, fesses bien serrées et surtout pas un pet de travers. Et je ne parle même pas des décérébrés qui bavent de concert derrière les barrières métalliques en espérant voir ne serait ce que la ficelle du string d’Audrey Tautou. C’est pi-to-ya-ble !
Tout cet étalage de fric et cet esprit superficiel me laissent pantois. Si les bras ne m’en tombent pas c’est parce que je m’en branle…
Je crois que le plus irritant c’est que l’on essaie de nous faire croire que Cannes représente encore le rêve et le cinéma « haut de gamme ». Une certaine image de l’industrie cinématographique comme disent les chargés de com’. Alors on passe le film d’un auteur chinois dissident qui vit aux USA depuis 30 ans* pour se donner bonne conscience et pour faire passer plus facilement la pilule de la super méga grosse production américaine qui paye les petits fours et la location des limousines.
Et puis surtout on ignore le festival du film de cul (les hot d’or si ma mémoire est bonne) qui se passe à trois pâtés de palaces parce qu’ « ils sont tellement vulgaires ». Ben voyons !
La condescendance, ça donne un charme fou et tellement de classe !
Bon, eh bien, je n’ai pas de chute. Voila qui m’apprendra à traiter des sujets aussi débiles ! Bon Da Vinci connede quand même !
*en fait je n’en sait rien, mais j’aime bien caricaturer…
Kawa court.
Tu as un fichu culot pour partir ainsi. Pourtant, tu constituais un atout fort au travail. Nous avions un rapport constructif qui profitait à tous. Tu titillais mon imagination, parfois. On comptait toujours sur toi, aux instants opportuns, pour nous offrir un coup stimulant. Tu raccourcissais la nuit aussi, au point qu’il fallait du Guronzan un jour sur trois.
Il n’y avait nuls discours, aucuns mots, la passion nous unissait sans façons. Tu insufflais d’infinis plaisirs. Ton parfum primal, conviait toujours dans un pays lointain à la façon d’un diamant noir du Nil. Mais tu forçais, non, tu arrachais mon pardon, aux maints instants où tu divaguais, quand tu implosais, crachant tout, à l’instar d’un volcan brut.
Tous ont fondu un plomb (un ordi aussi), quand tu noyais tout, tous azimuts, dans un soupir convulsif. Tu sublimais du marc, saturant l’air tout autour d’un gaz odorant, dans un ravissant boucan. Ca giclait partout. J’ai alors pris un long instant, ramassant ton jus du lino jauni, maudissant un jour aussi navrant.
Mais trop tard ! Alors on balança ton charmant châssis tordu, fondu ; plus jamais nous n’avons oui d’informations sur toi. Inch’Allah ! Aujourd’hui nous n’avons plus qu’à avoir l’air larmoyant, sinon abattu, lors d’introduction du pognon dans ton frais dauphin, froid, sans inspiration, transcription trait pour trait d’un suppôt du capital mondial. Jamais, plus jamais nous n’aurons ton goût d’arabica sur nos palais abattus. Du coup, j’ai bu un coca black, qui m’apaisa un instant sur ta privation...
Toi, dont ton nom n’apparaîtra jamais, car il y a trop d’ « e » !
Sur le même thème mais avec du talent : ici
14:55 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
15.05.2006
La mimolette.
J’ai un grand projet : faire une typologie complète et exhaustive des différentes amitiés que l’on peut rencontrer au cours de sa vie. C’est un travail de longue haleine qui me demandera sans doute plusieurs mois de travail et encore des années pour qu’un ami daigne à nouveau m’adresser la parole. Si jamais, dans une crise de paranoïa aiguë, vous vous retrouviez dans cette typologie, sachez, avant de me traiter de vieux pané, qu’il ne s’agit absolument pas d’une fiction et que toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés ne serait absolument pas fortuite. Vous voudrez donc bien me pardonner cette analogie légèrement triviale, mais, les amis, c’est comme le fromage…
Vous voulez des illustrations ? Tenez, par exemple, lui : pour qu’il se décoince, il faut le chauffer un peu. Ce n’est pas qu’il est timide, mais pour en extraire la quintessence, c’est comme le fromage à raclette, il faut le réchauffer.
Encore un ? Le copain « vache qui rit » qui ne se révèle que portion par portion, mais heureusement parce que tout d’un coup, se serait écoeurant.
Je pourrais aussi vous citer le copain camembert qui est coulant, mais alors vraiment trop coulant ou encore le bleu à qui il faut jeter quelques miettes et laisser moisir pour vraiment le déguster à sa juste valeur. Mais l’on trouve aussi le beeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeep !!!
Note à l’intention des lecteurs :
Trop c’est trop, devant la recrudescence de la délinquance sur Internet, et en particulier les dérapages et le mauvais goût de l'auteur de ce blog, Hautetfort a, dans un souci de clarté et de respect de l’internaute, décidé de recourir à la censure dans le but d’éviter des procès.
Dorénavant, l'auteur, pour avoir à nouveau la possibilité d’écrire, s'engage à respecter scrupuleusement les règles suivantes :
- Mettre en place une signalétique avertissant du degré de pertinence et/ou de pestilence du texte
- Se soumettre volontairement au parrainage bienveillant du Comité d'Ethique et de Censure
- Envoyer un mail d'excuse à toutes les personnes qui auraient pu être froissées
- Pisser dans un bocal tous les matins afin de réduire drastiquement les risques de dopage
- Ne respecter aucune des règles précédemment citées.
Dans l'espoir que ce genre de dérapage ne se reproduise plus.
Cordialement,
Toute l'équipe du CEC.
18:15 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
12.05.2006
Petit hommage à George
On est entre nous, alors je ne vais pas y aller par quatre chemins
pour vous parler des hommes politiques, et de ceux qui sont forts
pour vous raconter innocemment les pires insanités
sur le monde moderne et les satisfactions que l’on peut en tirer.
Peut être faudrait il enfouir plus profondément mon vit-
-riol et moins laisser parler mon cynisme et l’ironie?
Car j’ai une fâcheuse, ou heureuse, tendance à verser dans le cul-
-te de la personnalité d' individus dont le parcours me fascine
et provoquer ainsi en moi extase et contentement.
Dois-je pour autant user comme bien d’autres de la langue de bois ?
Car si cette langue, experte en manipulation, est bien douce
aux oreilles d’une grande partie de la naïve population,
elle ne sera jamais satisfaite si je ne mets pas les mains
dans le cambouis pour lui expliquer proprement les choses,
dans un perpétuel aller-retour, et en extraire la quintessence.
Mais ce n’est qu’un début, le chemin à parcourir est encore long
avant que l’on ait eu le temps de faire complètement le tour de la que-
-stion et que l’on remette en cause notre système de valeurs.
Il y aura encore des moments de passion et des nuits blanches
à l’assemblée avant que nos élus se décident à voter des lois
qui nous permettront de jouir encore en toute impunité
de la vie sans aucune entrave à nos libertés fondamentales.
Il y a une subtilité dans ce médiocre essai, saurez vous la débusquer ?
11:20 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10.05.2006
Oui Missié ! bien Maît’esse !
Il était temps ! 150 ans que l’esclavage est aboli dans notre pays mais ce n’est qu’aujourd’hui que l’on se décide à le commémorer. Qu’est ce qui se passe ? Notre ministre de la culture aurait il enfin retrouvé les clefs de son (ses) cabinet(s) ? Ou peut être pensait il que c’était du ressort du ministère de l’économie…
Vraiment, quelque chose m’échappe. Pourquoi n’assume-t-on pas cette décision qui est une victoire pour les droits de l’homme, dont notre pays se targue d’être un des chefs de file (oui, je sais, c’est gonflé, mais on en reparlera plus tard) ? Tous les participants directs à cette infamie sont morts et enterrés et les enjeux financiers doivent être équivalents au budget du ministère de la culture palestinien. Alors pourquoi autant traîner les pieds ?
Dans notre belle cité Nantaise, dont la spécialité à l’époque n’était pas vraiment les petits Lu, on commence tout doucement à ouvrir les archives départementales.
Le plus effrayant dans toute cette histoire, c’est qu’une statue a été érigée il y a un an ou deux afin, non pas de se souvenir mais de ne pas oublier, et qu’elle a été saccagée par une bande de moules à gaufre à l’idéologie proche du néant nazi. Je ne peux pas croire qu’il y ait encore des individus pour remettre en cause l’abolition de l’esclavage. C’est vraiment au dessus de mes forces que d’essayer de saisir quelle nostalgie ou quel espoir une telle attitude peut engendrer. Je ne veux pas jouer les pucelles effarouchée ; je sais que notre pays est rempli, à en avoir les dents du fond qui baignent, de fachos. Mais entre les mettre dehors à coup de pompes dans le cul parce qu’«ils n’aiment pas la France » et les réduire en esclavage, il y a quand même un pas ! En protégeant leurs fesses d’obscurs intérêts ils font le jeu de la fange de l’humanité.
Peut être que c’est parce que cela mettrait le nez du gouvernement dans son propre caca. L’instauration d’une immigration « choisie », en imposant un métier et un lieu de résidence sous peine de se retrouver largué en plein désert avec une gourde dans le cul, a, je trouve, des relents d’asservissement.
Je crois que je vais aller me boire un petit noi’, ça va me calmer…
17:19 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
09.05.2006
Société caca...
Début de mois. C’est le traditionnel jour de distribution des tickets restaurant. Aujourd’hui, c’est jour de fête car, en plus des chèques, on a eu droit à une magnifique brochure nous promettant monts et merveilles avec des réductions incroyables (effectivement…) sur les fers à repasser, les locations de voitures, les séjours à Center Park et… un voyage en Afrique. Et pas n’importe quel voyage. Safari dans un minibus avec bivouac sous tente trois étoiles, itou, itou. A l’heure ou les fauves pioncent, bien entendu, et que l’on doit les réveiller en leur balançant des bouts de barback sur la tronche. Ben oui, il faut choisir, soit c’est les retraités qui dorment dans le minibus, soit c’est la faune locale…Et comme les lions sont de mauvais payeurs…
Je trouve déjà ironique de nous proposer des voyages que nous ne pourrons jamais nous payer de toute manière, même en payant Air France en tickets restau. Mais que se soit dans un pays où les gens crèvent de faim, tient carrément du cynisme. Comme ça on pourra donner un ticket aux gamins au ventre gonflé par la misère et par la même se donner bonne conscience. Tiens mon petit, va boire un coup à ma santé et à celle du monde capitaliste ! Et n’oublies pas de réclamer la monnaie ! Et surtout, ne vas pas tout claquer en bonbecks, hein !
Remarque, il parait que dans ces pays de sauvages, tu leur files un grain de riz, ils ouvrent un supermarché, alors avec un chèque déjeuner, je vous laisse imaginer ! Ah ! Les bienfaits de la colonisation !
Bon, ben c’est pas tout, mais ça me donne faim moi. Je vais aller me faire un steak de gnou, ça me fera voyager…
11:44 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Pas si on partage.
Il y a des fois, deux neurones décident d’enfreindre les 35 heures et l’on réussi à voir les choses sous un autre angle. J’en veux pour exemple cette citation de Stendhal que je connaissais déjà, mais dont je n’avait pas vraiment saisi la portée : « Les hommes ne se comprennent qu'à mesure qu'ils sont animés des mêmes passions ».
Je trouvais que c’était une pensée plutôt optimiste, pleine d’ondes positives...
C’est vrai qu’avoir des centres d’intérêt communs ne suffit pas toujours à se comprendre. Il ne suffit pas de mutualiser ses connaissances pour que le courant passe. Souvent la force d’une passion est nécessaire pour nous rapprocher. Il faut quelque chose qui vous pousse à aller au delà des conventions sociales. Ce n’est qu’en quittant le carcan social que l’on peut vraiment prendre la mesure des autres. Enlevez les notions de bienséance, de hiérarchie, ou de puritanisme (liste non exhaustive, notre conception judéo-chrétienne étant assez friande de ce genre d’entraves et de conventions...) et vous verrez tout de suite une autre personne. Après tout, Diderot, qui n’était pas le dernier des cons, disait que la passion détruisait plus de préjugés que la philosophie. Les passions, par leurs caractères incontrôlables, permettent de franchir de nombreuses barrières, dont celle ci.
Mais au final, ce n’est guère rassurant. Tout d’abord parce que, comme le dit si bien Baudelaire, « Image, ma seule, mon unique passion », la première passion de l’homme c’est son nombril. Et puis que celui qui n’a jamais pensé « je ne me comprends pas déjà moi même, alors les autres... » me jette le premier commentaire ! D’autre part, nous ne sommes pas toujours passionnés (dieu merci !) et lorsque nous le sommes, encore faut il que cette passion soit fédératrice et constructive. Partager une passion commune pour les joutes érotiques des crabes abyssaux permet elle de mieux se connaître ? L’exiguïté du bathyscaphe peut être… Et puis s’il suffisait d’une passion en commun, ça ferait longtemps que Zizou serait président !
Et toutes ces conditions réduisent dramatiquement nos chances de nous comprendre, vous ne trouvez pas ? Ce pauvre Stendhal a dû passer à côté de beaucoup de choses s’il n’envisageait que la passion comme mode d’action. Peut être tentait il de se justifier d’une passion dévorante auprès de quelqu’un ?
Il pourrait sembler plus judicieux d’essayer de comprendre les passions des autres. Certes, c’est faire une croix sur la « connaissance ultime », « l’essence » d’une personne…Entre un idéal philosophique et une vision pragmatique des choses le choix est il, au final, si compliqué ?
Partager ses idées, essayer d’intéresser les autres à ses passions, ce n’est déjà pas si mal. Alors, que doit on faire ? Etouffer ses passions, rentrer dans le moule, connaître mieux et plus de personnes ? Avoir une vision consumériste en somme. Pfou ! Putain, j’en sais rien moi !
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