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26.12.2006

Dinde Royale.

C’est à désespérer. La vie politique, à gauche, est plate comme une journée sans cake aux raisins. J’en viens à me dire que, une fois de plus, je vais devoir voter, non pas pour un programme avec lequel je suis d’accord, mais contre des idées. A ce propos, je tiens à remercier Nicolas Sarkozy qui est le seul avec Le Pen et De Villiers à me rappeler pourquoi je vote à gauche…
Alors, pour meubler et pour fêter Noël en attendant que les choses s’épicent, je vous ai concocté une petite recette dont vous me direz des nouvelles. J’ai longuement hésité entre la Lang de bœuf et le Mégret de canard, mais celle-ci est plus simple.
Pour réussir cette recette simple, il vous faut :

·         Une dinde, de centre gauche, de préférence

·         De la patience

·         Du sang froid

·         Une carte d’électeur en bonne et due forme.

Commencez par fourrer la dinde – française puisque les autres ont été expulsées - avec ce qui vous tombe sous la main. En général, c’est l’actualité qui fait le menu. Impossible de savoir à l’avance ce que vous trouverez au marché de l’info. Cela peut être aussi bien de l’international (pourquoi ne pas être original et y incorporer quelques blancs de kamikaze  ou un zeste de folie coréenne ?) que du banlieusard grillé au transformateur sauce EDF, ou encore de l’handicapé flambé au SP 95 dans un bus. Ce qu’il y a de bien dans cette recette, c’est que vous pouvez y mettre ce que vous voulez, ce qui compte « c’est la ligne directrice, pas les idées ».
La partie la plus délicate consiste à combler le vide intersidéral existant entre l’aile gauche et l’aile droite avec une bonne vieille farce républicaine. Le tout étant de garder sa dignité quand on a la main dans le cul de la dinde, n’est ce pas François... Rajoutez quelques éclats de gauche antilibérale, un pincée de droite constipée, un soupçon de populisme, sans oublier une salade dont seuls les verts ont le secret. N’omettez surtout pas le Gouda de Hollande, bien plus tendre que le conté de Belfort (qui, il est vrai, à le mérite de réveiller les morts). Mélangez, jusqu’à ce que la mayonnaise prenne en psalmodiant « la droite va perdre, la droite va perdre… ». Salez, poivrez, enfournez, thermostat 8. Servez vous un bonne rasade de gnôle, histoire de patienter (pas trop, hein, c’est pas la recette de la dinde au whisky…).
Il faut savoir que la dinde Royale ne s’apprécie que légèrement faisandée, un peu comme le pudding anglais, mais pas non plus comme Giscard (j’ai dit faisandé, pas momifié…). Laissez donc reposer au fond d’un Buffet qui se la joue perso quelques mois, sans y toucher (surtout, pas d’idées nouvelles !) et servez le un soir d’avril, accompagné d’un bon Bordeaux exilé au Canada. Le petit plus, la petite touche du chef qui fait la différence, c’est la technique, dite du hongrois, qui consiste à passer la dinde au jet haute pression pour assouplir la viande et lui enlever son caractère rebelle dû  à un gavage prolongé de désinformation et de précarité. Ne reste plus qu’à accompagner le tout de quelques crudités, genre graisse de mammouth ou tout ce qui pourrait dégager du bruit et des odeurs. Bon appétit !

 

PS : Pour le nouvel an, je vous fais la dinde à la hongroise, qui, outre son coté clinquant, a l’avantage d’être plus interactive,  puisque la dinde, c’est vous !

 

20.12.2006

Nom d'une frite !

Ambiance palestinienne cette semaine en Belgique ! La RTBF n’y est pas allée avec le dos de la main morte. Ils sont forts, quand même ces téléspectateurs belges. On leur met sous le nez que c’est une fiction, et que font ils ? Ils y croient dur comme fer et sont près à nous faire une guerre civile à la rwandaise, une fois. La télévision palestinienne avait le même projet : faire croire au public que la paix est revenue et qu’Israël et Palestine ont pris de bonnes résolutions pour Noël le Nouvel An… Une communauté de commune aurait été créée afin de faciliter la gestion du recyclage des décès, le ramassage des morceaux de kamikazes, le développement fugace et la lutte contre le réchauffement des relations diplomatiques. Mais au dernier moment, ils se sont dits que si les palestiniens réagissaient avec autant d’entrain que les belges, il risquait d’y avoir pas mal de morts dans les rues. Et puis déjà que les tramways de Ghaza ne fonctionnent plus très bien, alors si en plus, il faut qu’ils s’arrêtent à tous les postes frontière…Du coup, ils ont diffusé La guerre des mondes. Ca fait longtemps que ça ne fait plus peur à personne, ce truc ! Et puis ça fait plaisir à tout le monde de voir les USA se prendre une volée, enfin, pour les palestiniens qui ont encore une télé...

C’est drôle, n’empêche, de voir à quel point ils ont tous paniqué dans la classe politique, aussi bien belge que française. Faire réagir le public et lancer un débat pertinent en lieu et place de  la soupe qu’ils nous passent habituellement, c’est tellement contestataire ! Oui, il est aujourd’hui subversif de proclamer que l’on peut nous mentir sciemment à la télé. C’te bonne blague !
On dirait que l’idée d’avoir l’esprit critique donne de l’urticaire aux politiques. Ils ne sont sans doute pas habitués à ce que la manipulation ne vienne pas d’eux. Et pire encore, que cela ne serve pas leurs intérêts. Et puis constater que ce débat, qui dure depuis au moins 20 ans (la séparation de la Belgique, faut suivre un peu), met en exergue les manœuvres politiciennes stériles et l’incapacité des responsables à faire avancer les choses (ne serait-ce qu’en les mettant à plat) ne doit pas leur faire particulièrement plaisir. Pas agréable d’avoir le nez dans le caca ! Bref, la façon dont les politiques belges ont réagi me laisse – presque - sans voix, un peu comme Sarko quand on lui demande de réagir à la mort de Pinochet. Je serais curieux de savoir ce que Pascal Sevran a bien pu dire d’intelligent là-dessus…Je ne voudrais pas préjuger, mais ne vaudrait il pas mieux stériliser aussi les wallons avant qu’il ne soit trop tard ?

11.12.2006

Fais péter le champomy…Les feuilles ne bougent plus !

Un de moins ! C’est bien fait, surtout pour un mec dont le nom a du laisser des traces dans la construction de sa sexualité, lors de sa tendre enfance : Pinochet. Ce qu’il y a de bien avec les dictateurs, c’est qu’ils finissent tous par crever. Ca donne une occasion de faire la fête, et ça nous change de vidéo-gag. Il y en a, cependant, des esprits chagrins, qui boudent leur plaisir sous prétexte qu’il n’y a pas eu de procès. Moi je trouve que ce n’est pas plus mal comme ça. Surtout que, si à 91 ans, ils n’ont toujours pas réussi à le coincer, c’est que c’est probablement peine perdue. Et puis, avec un procès, on aurait été inévitablement déçus. La justice étant ce qu’elle est, Pinochet aurait été accusé de ne pas avoir payé ces PV ou de mettre des slips sales. Bref, un chef d’inculpation qui ne rapporte pas grand-chose mais pour lequel ils sont sûrs d’obtenir une peine de prison minimum…C’est comme ça qu’ils ont eu Al Capone. Et c’est aussi la technique utilisée contre Saddam Hussein. Ces criminels ne sont jamais punis pour les horreurs qu’ils ont commises mais toujours pour des broutilles, des fautes administratives ou procédurales. Et plus ils sont restés longtemps au pouvoir, plus ils ont été soutenus par les USA ou la France, et moins les chefs d’inculpations risquent de faire des  vagues. Il ne faudrait pas mettre mal à l’aise les bailleurs de fonds de ces « sauveurs de communiss’ ». Cela pourrait mettre à mal l’économie florissante du marché des armes.
Au moins, pour Ceausescu, on avait eu un beau procès, parfaitement partial et sans aucune ambiguïté quand à l’issue possible. En plus, on avait eu droit à l’exécution, presque en direct, en prime (à l’heure où l’on a la Star ac’ maintenant). C’était à l’époque où la télé offrait encore une petite vision sur le réel. Je me souviens encore, comme si c’était hier, des râles d’agonie de la mère Ceausescu, baignant dans son sang, avant qu’elle ne soit achevée… Ah ! Le bon vieux temps !
Et puis lorsque l’on fait le bilan de tous les dirigeants qui ne seront jamais jugés car ils ont été élus, on est un peu blasés. Le fait d’avoir été élu au suffrage universel vous donne une immunité dont la blancheur virginale ferait rougir Paris Hilton. Bush sera-t-il poursuivi pour tous ses crimes en Irak ? Poutine pour les siens en Tchétchénie ? Sarkozy, pour ceux qu’il ne manquera pas de commettre ? Bien sûr que non ! Pourquoi ne pas instaurer une responsabilité politique pendant qu’on y est ! Ca me fait penser à Sarko, dont le cheval de bataille actuel est la responsabilité des magistrats face à leurs jugements, qui ne se rend même pas compte que c’est lui qui a voté les lois que ces mêmes juges appliquent ! Tous en taule ! Méfies toi Nicolas, tout le monde ne fini pas forcément sénateur à vie…Allez, santé !

07.12.2006

Brain dead.

En attendant que les candidats à l’élection présidentielle ne commencent à se taper vraiment sur la gueule et que l’on voit enfin du sang, j’ai envie de vous parler du film d’Al Gore, « Une vérité qui dérange ». Je me fais critique de cinéma pour l’occasion, et, comme de juste, je vais casser, juste pour le plaisir et parce que la machine à café est en panne ce matin.
Car ce film m’a terriblement déçu.
En premier lieu parce que je croyais que c’était un film sur le réchauffement climatique, pas une bio ! En effet, un bon quart du film est consacré à Al Gore himself. Et on presque envie de le plaindre, le bougre. Pauv’ petit Al qui a été spolié de sa victoire aux élections présidentielles. Méchant Bush ! Pauv’ petit Al dont le fils a été écrasé par une voiture. Les 4x4 c’est moche et ça pue ! Pauv’ petit Al dont la sœur est morte d’un cancer des poumons. Pas bien de fumer ! Z’est vraiment trop inzuste !
Ca c’était pour la partie mélo. Pour ce qui est de la partie écolo, ce n’est pas la fête au village non plus… Ce n’est pas pour étaler ma science, mais je n’ai rien appris dans ce film que je ne sache déjà. Rien, nada, nichts, zenzen, etc…Oui, la planète se réchauffe. Oui, c’est à cause de notre pollution. Oui, il existe des solutions. Bref, pas de quoi faire péter un kamikaze à un poste frontière. Tout cela, même le dernier des cons qui passe sa journée à zapper, et qui est tombé par hasard sur Ushuaïa, le connaît par cœur. En fait, ça me fait paniquer quand je constate à quel point ce film fait du bruit. Se rendre compte, qu’au final, toutes ces personnes qui encensent se film ont découvert quelque chose, c’est flippant !
Quand bien même, ce film serait une révolution, on ne serait pas beaucoup plus avancés. Car s’il y a une chose à garder de ce film, c’est que rien ne se fera sans une volonté politique dynamique. Alors, c’est sûr que l’on peut fanfaronner parce que nous, on a signé le protocole de Kyoto et pas les ricains et gna gna gna. Il n’empêche que de voir les leaders des partis écolo se taper sur le coin de la figure pour savoir si le candidat légitime rapportera plus de voix que Nicolas Hulot montre bien que l’unité est loin d’être faite, même sur des mesures qui « dépassent les clivages gauche-droite »... Et tant qu’ils seront occupés à se tirer dans les pattes, c’est du temps qu’ils ne passeront pas à réfléchir sur les actions à mettre en place pour nous garantir un avenir. En ce moment, ils sont surtout préoccupés par le lancement des paris sur le jour où la Hulotte viendra déposer la rate de Dominique Voynet en offrande sur le pas de la porte…
Au final, ma conscience m’interdit de déconseiller ce film. Je ne suis pas un monstre quand même ! Mais je me contenterais de le recommander à toutes les personnes qui ont été deconnectées de la réalité ces trente dernières années !

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