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12.09.2008

Nuits blanches.

Ouvrez vos cahiers, aujourd’hui : cours d’astronomie. Ah la la, ça va être chiant !
Vous avez parfaitement raison, cassez vous !
Ce qu’il y a de paradoxal dans les paradoxes, c’est qu’ils cessent d’être paradoxaux à la minute ou vous les comprenez. Après, c’est simplement la logique qui prend le pas. Merci pour cette réflexion remplie de bon sens…Prenons le paradoxe d’Olbers, plus connu sous le petit nom de ciel de feu. Si l’on considère qu’il y a un nombre infini, ou du moins très important d’étoiles, on devrait voir une étoile quel que soit l’endroit dans le ciel où l’on regarde (la nuit abruti !). D’autant plus qu’il n’y a rien pour atténuer la lumière des étoiles dans l’espace. Nos nuits devraient ressembler à quelque chose s’approchant de la surface du soleil. Je pense que vous avez constaté comme moi, dans un éclair de lucidité, que ce n’était pas le cas. Sinon, arrêtez les champignons immédiatement.
La première réponse apportée (notamment par Edgar Poe) est que l’univers, donc le nombre d’étoiles, est fini.
Deuxième hypothèse : la lumière de certaines étoiles ne nous est pas encore parvenue parce qu’elles sont trop loin. Pas con.
On se contentait facilement de ces deux réponses, qui quoique non fausses, n’étaient pas vrai pour autant…Et là, vous devez commencer à vous demander où je vous emmène…
Il a fallu attendre Einstein, évidement, et l’acceptation que l’univers est en expansion pour découvrir qu’on était à côté de la plaque. Du fait de cette expansion, la lumière est décalée vers le rouge pour les galaxies les plus lointaines, les rendant ainsi moins visibles.
Derrière les apparences, il y a d’autres apparences et la vérité n’existe pas, même en science, car toujours soumise à de nouvelles connaissances. Il arrive même parfois que l’on préfère se satisfaire de réponses fausses mais plus rassurantes car compréhensibles. Et il en est de même dans la vie courante. Le gouffre est énorme entre la réalité et ce que l’on perçoit. Tantôt aveuglé, tantôt dans la pénombre, en fonction des informations dont nous disposons. Les choses nous sont masquées, ou nous sommes incapables de les voir, trompés par nos propres sens et sentiments. Et paradoxalement, bien que la vie ne soit qu’une vaste farce, un décor en carton que l’on refuse d’abattre, de peur d’entrevoir le vide intersidéral qui se trouve derrière, on s’entête à créer des fondations qu’on espère solides et pérennes. On se jette avidement sur la première illusion comme un soldat russe sur une fillette Tchétchène après 6 mois de campagne…

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